
Article vérifié · Mis à jour en septembre 2026
Chez l’enfant, l’immunité se construit d’abord dans l’assiette et dans le lit ; le reste vient après, jamais à la place. Rentrée, crèche, école, et le nez qui coule pendant six mois : c’est la règle plus que l’exception, parce que leur système immunitaire apprend, littéralement. Dans cet article, je partage la liste (non exhaustive) des vitamines, minéraux, plantes et compléments que j’utilise à la maison pour mes enfants, avec les formes, les repères de dosage par âge et les précautions qui vont avec.
Cet article a une visée informative et ne remplace pas l’avis de votre médecin ou de votre pédiatre. L’Anses rappelle qu’avant 3 ans, toute supplémentation en vitamines ou minéraux relève d’un encadrement médical, et que l’automédication par compléments alimentaires est déconseillée chez l’enfant. Faites valider ce qui vous parle avant de l’intégrer à votre routine et à celle de vos enfants.
Comment se construit l’immunité d’un enfant ?
Elle se construit surtout par l’exposition aux microbes, une alimentation variée et un sommeil suffisant. Les compléments viennent en soutien, pas en remplacement. Un enfant qui entre en collectivité rencontre quantité de virus pour la première fois : enchaîner les rhumes les premières années n’est pas le signe d’une immunité faible, mais d’une immunité qui s’entraîne. Avant de penser « compléments », on sécurise les fondations : des repas riches en fruits, légumes, féculents complets et fibres (qui nourrissent le microbiote), une bonne hydratation et surtout assez de sommeil.
C’est seulement une fois ces bases posées que les vitamines, minéraux et plantes ci-dessous prennent tout leur sens, en coup de pouce, sur des périodes ciblées (rentrée, changement de saison, virus qui circulent à la maison).
Un enfant qui collectionne les rhumes en crèche ou en maternelle, ce n’est pas un échec de votre part ni une immunité défaillante. C’est un système qui apprend, saison après saison. Votre rôle : l’accompagner en douceur, pas le forcer.
La vitamine D : laquelle, à quelle dose ?

La vitamine D est la seule supplémentation systématique et quotidienne recommandée chez l’enfant, toute l’année. À la maison, je la donne en gouttes, tous les jours. La Société française de pédiatrie recommande, depuis 2022, 400 à 800 UI par jour de la naissance à 18 ans (vitamine D2 ou D3), que l’enfant soit allaité ou nourri au lait infantile ; jusqu’à 800 à 1 600 UI en présence de facteurs de risque, sur avis médical. En pratique, on utilise souvent la forme D3 (cholécalciférol), et on privilégie les préparations de pharmacie.
Côté femmes, les repères que j’applique pour moi : environ 800 UI par jour hors grossesse, et plutôt 1 000 à 1 200 UI pendant la grossesse et l’allaitement, à confirmer avec votre sage-femme ou votre médecin, car les modalités (dose quotidienne ou ampoule) varient selon les situations.
La vitamine C : sous quelle forme la donner ?

Je préfère les sources naturelles de vitamine C aux comprimés de synthèse. Acérola, argousier, camu-camu : la vitamine C y arrive entourée d’antioxydants et de minéraux, dans une matrice végétale. Ma routine à moi : une cure de jus d’argousier le matin, allongé d’eau tiède. Jamais dans une boisson chaude : la chaleur dégrade la vitamine C. Chez les enfants, j’en donne ponctuellement, à partir de 3 ans, sur des périodes courtes.
Le rituel du matin : un peu de jus d’argousier dans un verre d’eau tiède, jamais chaude. Un petit geste doux pour démarrer la journée, à l’entrée de l’hiver.
Les oligo-éléments en solution buvable

Pratiques pour les enfants, les oligo-éléments en solution buvable évitent la gélule à avaler. À la maison, j’utilise une gamme d’oligo-éléments buvables (type Catalyons) en cure de 3 semaines : un bouchon (environ 10 ml) chaque matin. Quand les virus circulent à la maison, je passe à 3 prises par jour pendant 3 à 5 jours.
- Le magnésium pour les tempéraments sensibles et fatigués.
- Le manganèse pour les terrains allergiques.
Ces choix se raisonnent au cas par cas : demandez conseil à votre médecin, votre pédiatre ou votre pharmacien avant de démarrer une cure, surtout chez un jeune enfant.
La phytothérapie sans alcool

Chez l’enfant, le premier critère d’une préparation à base de plantes, c’est l’absence d’alcool. La plupart des teintures et extraits du commerce en contiennent : je choisis donc systématiquement des formes sans alcool (je me fournis notamment sur lpev.fr). Leurs repères de dosage : environ 5 ml par jour pour un adulte, 1 ml avant 1 an, 2 ml de 1 à 6 ans. Attention : ces dosages ne se transposent pas d’une marque à l’autre : chaque gamme a sa concentration, on suit toujours la notice du produit utilisé.
Un point important sur l’échinacée, souvent citée pour l’immunité : les recommandations européennes (Agence européenne des médicaments, EMA) la déconseillent avant 12 ans et la contre-indiquent avant 12 mois, par précaution et faute de données suffisantes. À ne pas donner à un jeune enfant sans avis médical.
Deux réflexes avant de donner une plante à un enfant : vérifier la mention « sans alcool » sur l’étiquette, et ne jamais transposer un dosage d’une marque à l’autre. Dans le doute, on demande au pharmacien.
Extrait de pépins de pamplemousse & probiotiques

Deux compléments que je réserve à des périodes ciblées, avec des précautions.
- Extrait de pépins de pamplemousse (EPP) : le repère que j’utilise est d’1 goutte pour 5 kg de poids le matin, soit 15 à 20 gouttes pour un adulte. Vigilance sur les interactions médicamenteuses : l’EPP peut interférer avec certains traitements, on vérifie avec un professionnel de santé avant d’en donner.
- Probiotiques : en cure au changement de saison et après une prise d’antibiotiques, le matin à jeun, pendant trois semaines. La souche précise compte (par exemple Lactobacillus rhamnosus GG, Lactobacillus casei Shirota, Bifidobacterium lactis BB-12, Lactobacillus plantarum), et les effets sont soutenus par une alimentation riche en fibres.
Les gestes du quotidien

Le geste le plus utile de toute la liste ne coûte presque rien : le lavage de nez au sérum physiologique. En dosettes, tous les 2 jours en période à risque, et deux fois par jour dès que le nez coule. C’est le soin de base recommandé par l’Assurance Maladie dans la rhinopharyngite de l’enfant, avant tout médicament. J’y ajoute, à partir de 3 ans, les sprays d’apithérapie (type Ballot-Flurin) pour la sphère ORL.
Et on n’oublie pas les basiques qui font le plus gros du travail : aérer les pièces, se laver les mains, coucher tôt, limiter les écrans le soir pour protéger le sommeil.
À retenir : l’essentiel en 5 points
- Les fondations d’abord : alimentation variée, fibres, hydratation et sommeil. Les compléments viennent en soutien, pas à la place.
- Vitamine D : tous les jours, toute l’année, 400 à 800 UI de 0 à 18 ans (SFP 2022).
- Formes adaptées aux enfants : vitamine C naturelle dès 3 ans, oligo-éléments buvables, plantes sans alcool.
- Précautions : échinacée déconseillée avant 12 ans (EMA), EPP : interactions médicamenteuses, dosages non transposables entre marques.
- Avant 3 ans : toute supplémentation se fait sous encadrement médical (Anses).
Questions fréquentes
À partir de quel âge peut-on donner des compléments à un enfant ?
Faut-il donner de la vitamine D toute l’année ?
L’échinacée est-elle adaptée aux enfants ?
Les probiotiques, quand les donner ?
Le lavage de nez, à quelle fréquence ?

À propos de l’autrice. Cet article est rédigé par Agathe Verhack, sage-femme diplômée, formée à l’accompagnement physiologique à la naissance, à la rééducation périnéale et au yoga prénatal, puis à la naturopathie. Elle est cofondatrice de holi-mama et co-autrice de l’ouvrage Pimpe ton post-partum ! (éditions Larousse). Les routines partagées ici sont son expérience de mère et de professionnelle, à adapter avec votre médecin.
Sources & références
Contenu rédigé par Agathe Verhack, sage-femme, d’après son expérience et les références officielles suivantes :
- Société française de pédiatrie, Supplémentation en vitamine D (recommandations 2022)
- AFPA, Apport de vitamine D : nouvelles recommandations
- La Revue du Praticien, Supplémentation en vitamine D en population pédiatrique générale (2022)
- Anses, Avis sur les compléments alimentaires (encadrement chez l’enfant)
- VIDAL, Enfants et compléments alimentaires
- VIDAL / EMA, Échinacée : usage réservé aux plus de 12 ans
- Assurance Maladie (ameli.fr), Comment pratiquer un lavage de nez chez un enfant
- Assurance Maladie (ameli.fr), Rhinopharyngite de l’enfant : que faire et quand consulter
- Manger Bouger (PNNS), L’alimentation des enfants de 4 à 11 ans
- Santé publique France, Alimentation des enfants de 4 à 11 ans
- Dispositif Les 1000 premiers jours